mar 21 2006

Sweet dreams are made of this

Je regarde des photos de mon ancien lycée, et je me fais rattraper comme un bleu par mes souvenirs armées d’épée en plastique. J’ai beau galopé dans le désert adulte, les indiens adolescents sont trop rusés pour moi. PEut-etre parce qu’ils avaient la classe, l’insouciance sauvage, la naïveté des prairies à perte de vue.
Les pétards me pettent dans les doigts, je me prends des chataïgnes dans la tronche, les filles en ont marre et évite ces batailles puériles dés le collège, « sweet dreams » est sorti. Sur les photos de classe, année après année toujours le même décor, les mêmes arcades en brique. Et ces visages qui restent familiers, comme croisés hier au même endroit dans la cour. Croisés à l’age plastique, où un rien imprègne définitivement la mémoire, sous l’émotion vitrifiante. Rien depuis? Si, énormément bien sûr, mais certaines sédiments avec le temps ont le pouvoir d’être ici et là-bas simultanément, or et carbone, fossile et en un seul regard aussi vivant qu’un des multiples présents. un cadeau un fardeau parfois, un bigbang. Tant de choses sont nées à ce moment, nées de petits riens dans ce théatre où nous pensions infiniment naïfs ne jouer aucun mensonge encore , nous tentions d’être nous-même adolescent si sensible, pur et entourbillonné… Tant de promesses faites dans le silence intérieur quasi-religieux, des promesses dans la rage, dans la colère, dans les pleurs, dans les cimetières, sous la pluie, sous un walkman (qu’estce donc?!..), en séchant les cours, en montant à la capitale, fausse fugue à droite à gauche, rendez-vous parfumé manqué éternellement, rose fanée, élan lointain des causes pures si iréèlles maintenant et pourtant quel carburant! Intact, tout cela est intact, je ne suis qu’un oignon, et chacun de mes moi passé est une pelure! Il suffit de s’éplucher en versant quelques larmes douces pour se rencontrer dans la cour de recré, comme au jour des premiers amis.


fév 16 2005

LA SACEM ET SES SOCIÉTAIRES: RÉAGIR

Vous êtes sociétaire à la Sacem (ou vous êtes en relation avec des personnes dans ce cas)
Vous ne vous appelez ni Renaud, ni Manu Chao (pour des raisons diamétralement opposées…)
Vous en avez assez de l’opacité de cette structure et des promesses non tenues d’une meilleure communication (cf. les journées de discussion et d’information par branche musicale, une seule concernant la musique symphonique a été tenue en avril 2004, d’autres étaient prévues, depuis, rien… )
Vous êtes en désaccord avec sa politique culturelle notamment concernant son alliance avec les majors et le gouvernement à propos du P2P
Vous condamnez sa participation à la politique aveugle et stupide de répression des téléchargements appelés à tort « pirate »
Vous pensez que la Sacem, de plus en plus, ne représente et ne bénéficie qu’aux gros (éditeurs, auteurs et artistes),
Vous pensez que nous sommes nombreux à critiquer cette situation bloquée, et que pourtant nous demeurons invisibles, en dehors des « habituésé des médias »

ALORS IL EST TEMPS DE FAIRE ENTENDRE NOS VOIX, D’UNE MANIÈRE OU D’UNE AUTRE (un devoir pour des musiciens non?! ;)
NOTAMMENT LORS DE L’ASSEMBLÉE GÉNÉRALE DE JUIN POUR L’ELECTION DU CA!

ACTIONS PROPOSÉES
- Investir l’assemblée générale pour les prochaines elections du CA le 15 juin 2005 à 14h30 (Hotel Méridien, porte maillot)… Et raler haut et fort.

- Ne voter massivement à cette occasion que pour des candidats qui se prononceront clairement pour une autre politique culturelle. Les candidats n’ont pas de programme, mais un CV qui sera bientot en ligne.

- Harceler les candidats pour qu’ils précisent leurs points de vue sur les problèmes précités.

- Dans le cas où aucun candidat ne corresponderait à nos critères, chercher parmi nous ceux qui sont éligibles et qui sont prêts à aller au charbon.

-Mettre régulièrement la Sacem en face de ses responsabilités d’informations (depuis quelques temps claironnées haut et fort), les prendre au mot. Les réponses tournent vite court, au mieux ils ignorent eux-même le véritable contenu des informations officielles (par exemples de la Lettre mensuelle), au pire un silence éloquent vous répondra…
Exemple:
Chacun de nous peut se présenter à la Commission prévue à l’article R321-6-3 du code de la propriété intellectuelle. Or cette commission n’a jamais siégé, c’est une « obligation légale » et son objectif semble confus pour les gens de la Sacem (ceux que j’ai eu au téléphone). A priori, le seul pouvoir de cette commission est d’autoriser ou non un sociétaire qui en fait la demande d’accéder à des documents internes à la sacem. Un possible cheval de Troie?

- Se renseigner sur ce que proposent les sociétés de gestion de droits d’autres pays européens, notamment concernant le p2p. Jouer sur le chantage d’un départ massif? Nous ne pouvons supporter plus longtemps d’etre les otages muets d’outils dépassés par les événements (sacem, majors, ministre de l’industrie).

- Discuter de l’eventualité d’une association avec les adhérents de la Spedidam et de l’Adami (qui souvent se confondent avec ceux de la sacem), 2 organismes qui ont au moins comme qualité d’écouter leur base, et de proposer des solutions au P2P un peu plus nuancées et réfléchies.

POUR COMMENCER LES DISCUSSIONS:
JE VOUS PROPOSE DE VOUS INSCRIRE À LA LISTE DE DISCUSSION EN ENVOYANT UN MAIL À:

nosvoix-subscribe@jukozone.org
(FAITES TOURNER L’INFO A VOS CONNAISSANCES POTENTIELLEMENT CONCERNÉES!)

OU

EN ME RÉPONDANT POSITIVEMENT À CE MAIL ET JE VOUS INSCRIS MANUELLEMENT.

NOUS POURRONS ALORS COMMENCER À DISCUTER SUR: nosvoix@jukozone.org

Ce sont des pistes de réflexions, certainement incomplètes, et pour l’instant je ne représente que moi-même. Mais j’ose espérer ne pas être seul en ce moment à me sentir l’alibi et l’otage d’organismes censés défendre mes droits.
Que nos voix fasse bouger les choses! ;)

@ bientôt
Juko
PS: s’il existe des initiatives de ce genre de « petits » sociétaires, je veux bien en être informé! Vu l’actualité, y’a des chances! Mettons en commun nos efforts!


jan 25 2005

Shoah

J’ai été dimanche matin à l’inauguration du mur sur lequel sont écrits les noms des 76000 morts juifs de France exterminés par les nazis. Parmi les noms, la majeure partie de ma famille du côté de ma grand-mère. Dans mon histoire familiale, l’holocauste occupe et occupera éternellement une place à part, définitive, obligatoire, parfois étouffante. Plusieurs personnalités ont parlé de la shoah (et une bonne partie a été recouvert par le bruit des cloches d’une église toute proche, dimanche c’est messe quoiqu’il arrive, étrange collision evidemment involontaire), mais comme on parle entre gens d’une même communauté rassemblés un instant par la même souffrance, sans façons, en toute intimité, entre nous. Ce « nous » m’est étrange, m’est nouveau, je ne suis pas juif (au sens où je n’ai suivi aucun rituel ni éducation religieuse en rapport), je ne sais pas ce que veut exactement dire ce mot (comme il y a 60 ans mes arrières-parents qui ont « re-découverts » leur judaïté), hormis qu’il signifie pour moi, et depuis longtemps, et seulement, « lié-par-l’holocauste ». Ainsi à la prière pour les morts (kaddish?) dite par le rabbin, ce chant intime et brut qui en chaque personne présente (2000) réveillait le souvenir des morts, j’appartenais un instant, que je le veuille ou non, à la communauté des Juifs, ceux-qui-ont-connus-l’enfer. Et au devoir de mémoire et de transmission qui est définitivement le notre, et qui devrait être celui de tous. En fin de compte, nous sommes tous juifs, rwandais, cambodgien, bosniaque. Hier pour « nous », aujourd’hui et demain pour d’autres. Avec mes moyens, écrire et créèr pour d’autres futurs.


jan 20 2005

Temps suspendu

Le danger et l’attente. L’animal instinctif se réveille au contact de la peur. Il dicte ses priorités immédiates, stratégie de survie, et tout ton corps suit, s’unifie, tremble sous l’ordre impérieux. Impossible de s’éparpiller, nous avons besoin de tous nos éléments pour faire face à l’angoisse. L’animal n’a pas parlé, il a frissonné à l’idée de la perte, et cela suffit pour que les stratégies secondaires, superficielles s’effacent, comme si elles n’avaient jamais existées. Subsiste la survie, subsiste le temps suspendu, au-desssus du carrefour de la résolution: en bas vers l’incompréhensible et la douleur, et à quelle degré, en haut vers le souffle retrouvé, et plus loin vers un futur animal apaisé. La peur de te perdre fait ressortir d’un blanc aveuglant, et aussi un peu inquiétant, l’essentiel: toi et moi.


jan 18 2005

le pourquoi du carré

Un cerveau carré c’est pas courant. Pourtant c’est bien utile. Ca peut servir, nettement plus qu’un cerveau rond. De table par exemple, de fenetre de HLM, de dé à 6 faces, d’ecran d’ordinateur. D’ailleurs j’ai choisi cette dernière option, ce qui me permet de visualiser ici-même tout un tas de pensées désorganisées mais spontanées, comme des fourmis roses dans un terrier encéphale. Idem pour ceux ceux qui traineront dans les parages (merci d’essuyer vos yeux sur le pavé numérique avant d’entrer) – poussez fort et vous serez carré avec moi, alors nous pourrons échanger nos missives. A part ça ce blog est là pour papoter, en attendant l’ouverture de la salle de spectacle Jukozone.org, bientôt rempli d’un nouvel album et autres sécrétions.


jan 18 2005

Pendant ce temps à la surface de Titan…

En ce moment à la surface de Titan, un artefact humain disparaît lentement. Du métal, du plastique, un ensemble de matière manufacturée totalement extra-titanesque, une preuve de notre existence à cette planète qui sans doute s’en fout un peu. Nous sommes lentement en train de disparaitre de sa surface , dans un probable océan d’hydrocarbure, nous venons de créèr un évènement sans précédent dans le système solaire, Titan nous a rencontré. Et puis déjà nous, corps étranger à la surface d’une planète inconnue, trace passagère mais spectaculaire d’un autre monde, le notre, déjà nous disparaissons, seuls dans un froid inimaginable. Bientôt il n’y aura plus rien, plus que le chaos immuable de rochers et de blocs de glace. Je pense à ces feuilles d’or qui en ce moment même subissent des rafales de vent titanesques (bien sûr), se disloquent petit à petit, se couvrent de givre et de poussière jaune. La sonde ne ressemble plus à une sonde mais à un amas de cailloux étranges, elle se fond dans le paysage extraterrestre. Je vois le bouclier thermique renversé sur le sol gelé. La différence de température créè un nuage de vapeur. Quel bruit a fait la sonde en percutant Titan? quel bruit maintenant fait le vent à travers ses tubes métalliques éparpillés entre les cailloux? Grâce à cet objet inanimé nous sommes présents sur Titan, un peu de notre humanité, version esclave de métal, s’y est posée.
J’aurais pu dire une sonde solitaire sur un sol titanesque…