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Archive for juin, 2006

l’histoire du serpent de troie

Posted by juko on juin 8th, 2006

A quoi ça sert de faire sa propre musique? Je ne cherche pas à apporter une réponse personnelle définitive à cette (grande) question. Seulement je constate apres coup dans mon cas certaines tendances lourdes on va dire, certains schémas répétitif de positionnment (ça parait bien intellectuel tout ça). Je constate donc (apre coup hein!) que ma musique s’inscrit contre la vision dominante - qui est en gros “chanson française séduisante qui berce et qui doit surtout rester dans le second degré”. donc j’en rajoute parfois une couche par esprit de contradiction (pour moi une forme de rebellion masquée) dans le dark-je-parle-de-ce-dont-on-ne parle-pas. Oui, je crois que définitivement ce sont ces interstices qui m’interessent, par necessairement pour faire peur, mais parce que je trouve que sur une planète vivante et variées (j’ai pas dit variétés!) toutes les couleurs ont droit de cité - ce qui bien evidemment dans le jeu des pouvoirs en place et hors place n’est pas du tout gagné d’avance. En imaginant un monde culturel où l’expression dominante serait du goth sanglant hermetique, je crois que je ferais sans complexe et avec force et vigueur de la chanson permier degré rigolote.
Le mot d’ordre inconscient de la méthode dominante est toujour le cheval de troie. Chuis obscur ce matin? C sUr. je veux dire c certainement suicidaire de ne pas utiliser les memes méthodes qui ont fait leur preuves (pour qui? pour ceux qui ont pris le pouvori des micros?) cad prendre le public dans le sens du poil, séduire, et apres avoir gagner sa liberté enfin devenir soi-même, comme hulk qui déchire sa chemise une fois dans l’arène. Ca se défend. Moi j’y arrive pas, et j’en serais certainement le premier heureux de me rendre capable de ces “faiblesses” - paradoxe. Heureux because ma posture un rien rigide de rebellion limitée ne me procure que peu de satisfaction en terme professionnel jveux dire- mais bcp en terme narcissique certainement…
bon, je vais boire un aut café passke là je me noie dans l’eau du boudin, le serpent me mord la queue et tout ça est un peu douloureux!
bises

L’homme sans qualités, de R.Musil - pretexte

Posted by juko on juin 2nd, 2006

J’ai enfin osé me lancer dans ce livre il y a peu, et même si c’est à avaler avec précaution, qqs pages par jour pas plus, c’est un choc. Il y a une telle compréhension, sur le mode poétique souvent, des mécanismes à l’oeuvre dans une société corrompue, vaine, dans les rapports humains distordus, dans ce qui peut germer en nous de desespéré et dangereux sur le terreau gris de l’ennui, de l’égoisme, que ce livre semble avoir été écrit hier pour aujourd’hui. Même s’il décrit la société autrichienne aveugle à sa chute imminente à la veille de la première guerre mondiale.
Je trouve l’idée d’etre “sans qualités” tres subversif, toujours actuel puisque les cases/box/cellules où l’on se case pour boxer nos cellules sont de plus en plus petites et inconfortables. Quelle bombe que de pouvoir répondre à “Mr, combien des qualités? (comprendre quelles fonctions, emplois, pret-à-penser, t-shirt, divisions blindés, etc…), “moi? aucune. Je n’ai aucune qualité”.
Alors devrait suivre “Aucune qualité, oui. Et maintenant?”
“d’où, chose remarquable, rien ne s’ensuit…”, répondit Musil. (je déforme et j’arrange à ma guise, sisi)
Pour revenir sur ce tableau d’une société entière (voire à l’echelle d’un continent) qui va droit dans le mur (barbelé), perso ça me fait penser à qqchose, non?
Prenons, un cas au hasard. Le cas “Aujourd’hui”.
Il y a une telle convergence (ce mot qui dans un autre contexte fut utilisé avec des amis pour tenter de dépasser nos clivages culturels- je préférais cette version) de visions autoritaires dans le monde, une conception des rapports humains comme de seuls rapports de force, une telle frustration généralisée, une non-écoute permanente, des toupies qui s’affolent, des robots qui crachent leur huile sur les arbres en fleurs, des convois de voitures fumantes qui foncent sur les poussettes, des psychopates assis sur des bancs merdeux qui dodelinent de la tête comme des poupées sans piles, des pères fouettards qui fouettent et refouettent leur progéniture avec un large sourire en criant je t’aime ( de quoi créer de belles générations schizoïdes), “et pour noêl le ministre t’offre une cellule”.
En gros comme d’hab nous ne savons trop quoi foutre de notre instinct de liberté. C’est toujours la même bombe.The real terroriste is inside. Alors on s’enferme les uns les autres. “Ca s’ouvre de l’intérieur ou de l’exterieur?”, disait le geolier un oeil collé sur le trou de serrure…
C’était ma vision apocalyptique du matin, un rien bordélique, normal la caféine n’a pas complètement agi. Ceci dit bon ptit dèj à tous!
Et j’entrevois une très belle aube personnelle, alors rien n’est perdu, suffit de pas jouer!