Ce monsieur vient de mourir, après une tentative de suicide. C’était un grand de la pop? folk? déglinguée et nue. Je l’ai écouté il y a bien longtemps sur cet album, et depuis je l’avais perdu de vue. Je l’ai retrouvé sur le celui-là:
Un bel album, un rien inabouti, mais par moments vraiment touchant, et sans artifices. Et maintenant c’est fini. Perdu, retrouvé, perdu, retrouvé. Perdu.
(mini)Market, contest, concours, showcase, battle. Le retour en large de l’applaudimètre, des stats (t’es à combien sur myspace – moi que dalle). Les artistes (moi compris, je ne me glorifie pas d’arriver à faire autrement) n’ont jamais été autant esclaves de la main invisible du marché, version main au collet, serre la gorge. Chut, on se produit….
Bon, je crois que c’est la bonne, enfin.
Un vrai orchestre, ça peut-être un vrai plaisir.
A vous de voir, ou plutôt d’écouter. Le soir avant de dormir, c’est idéal.
Peter Gabriel a mis en libre utilisation les pistes séparées de son titre « Games without Frontiers », dans le cadre d’une compétition de remix (une habitude sur son label Real World).
Evidemment j’étais en vacances à ce moment-là donc trop tard pour moi, je ne gagnerai rien pour ce remix, zut alors, mais ce titre est tiré de son 3ème album (1981), album dont je ne me suis jamais remis. Et c’est assez émouvant de se retrouver dans les coulisses audio d’un morceau si important. Ecouter Kate Bush seule, entendre l’accent approxiamtif de PG…Donc en hommage, pour le plaisir, je me suis essayé à l’exercice nouveau pour moi de faire un remix.
Je me souviens de mon premier contact avec cet album. J’étais chez mon disquaire à Fontainebleau, je ne connaissais de PG que son nouvel album « SO ». Oui ce devait être en 87, il y a fort longtemps.
J’étais curieux d’en connaître un peu plus sur cet artiste, qui était en train de bouleverser mon horizon musical. Je sors du bac le vinyl (un 33t, l’ancêtre du CD, lui-même l’ancêtre de.. euh rien du tout). Je vais vers le disquaire, un vieux très sympa (au moins 40 ans..), et lui demande ce que ça vaut. Il me réponds: « ah, Peter Gabriel, un sommet cet album, c’est vraiment quelque chose ». J’esquisse un sourire entendu. Je pressens déjà que le choc va être à la hauteur de mon attente, si ce n’est la dépasser, la marque d’un grand artiste, d’une rencontre musicale capitale.
Il sort le disque de sa pochette, le pose sur le tourne-disque. Il actionne un bouton, lance le moteur, ronronne. D’un geste lent il soulève le bras mécanique avec douceur, le pointe au-dessus du bord du disque, actionne le mécanisme, le bras retombe lentement, le diamant s’approche du premier sillon. Contact. La batterie lourde, primitive, sombre, martèle son rythme opressant. « Intruder » commence. Je souris. Je suis ensorcelé, et pour longtemps. Il y a eu Confirmation.
Un vieux morceau, datant de ma première démo en solo, sous le nom de Brelhok (mais qui s’en souvient hein? uhuh). Il s’appelait « Je suis l’ombre ». Ré-enregistré en version piano/voix il y a quelques jours. J’ai aussi changé le texte, plus simple, moins hermétique que l’original, un signe de maturité?
A comparer avec la première maquette, si je remets les oreilles dessus!
Un vieux morceau, comme je commençais mon chemin de musicien solitaire, après une expérience de groupe un peu frustrante. La chanson tient toujours la route je trouve, je l’ai réenregistrée version dénudée, piano/voix quoi.
On ne devrait jamais déléguer à son père la lourde tâche de vous acheter un single, surtout quand on a 15 ans. Les parents ne peuvent que se tromper. La musique, quand on plonge dans l’adolescence -le corps en boule qui fait splash dans l’eau froide et noire-, la musique devient le domaine réservé où les parents sont interdits d’office, c’est une règle d’or (mais parfois il y a des entorses, quand je faisais en cachette le chemin inverse vers leur domaine, dans des placards fermés où je trouvais des trésors de vinyles, Kraftwerk, Randy Newman, Van Morrison, Led Zep par ex, c’était embêtant, mes parents écoutent de la BONNE musique?!).
Alors pourquoi ce relâchement avec mon père? La proposition devait certainement venir de lui , « tu veux que je t’achètes un 45T? », mais j’ai dit ok. Un test, faut voir.
Je voulais « A question of lust » de DM, leur nouveau single, un slow qui devait me mettre en transe à l’époque (et qui très vite allait me coller aux oreilles de son sirop trop épais et trop sucré). Je m’imaginais que ce devait être une des clés pour emballer les filles dans les boums, il fallait que je travaille la question, cruciale, centrale et donc j’avais besoin de ce document de travail, « A question of Lust ». Tout un programme.
Un soir, à la sortie de l’ascenseur, sur le pas de porte de l’appartement de mon père, ce devait être un weekend sûrement puisque la semaine se passait le plus souvent chez ma mère, un soir mon père ravi de me faire la surprise sort un 45t de son sac. Je souris déjà, je suis encore en partie à l’âge où je trouve normal que certains vœux soient exaucés facilement, je m’empare de l’objet.
C’est « A question of Time ».
Pas « A question of LUST », mais « A question of TIME »…
Déception, frustration.
Putain je dois en vouloir a qui? A DM qui fait 2 morceaux aux titres si proches? Ils font exprès leur service marketing? On veut 1 single et si on fait pas gaffe on se retrouve avec 2? Diabolique.
Je dois en vouloir à mon père qui s’est trompé? Il préfère me donner du TIME que du LUST, il a peur pour mes oreilles? Je suis plus un gamin merde! Un petit mot vous manque, et c’est un monde de promesses féminines qui disparaît. Je dis merci quand même, je vais pas faire mon enfant gâté (je sais le faire à la perfection). Voilà une preuve de plus que le monde des parents/adultes ne comprends rien à rien au mien. C’est sans doute même plus rassurant que le contraire. En quelque sorte sans me l’avouer je suis soulagé. Mais je vais pas travailler la « Question du Slow » ce soir.
Et puis je regarde la pochette du 45T, l’objet du malentendu. Je ne la comprends pas très bien. Il faut dire que j’imaginais du LUST, de l’excitant, du féminin troublant, de l’humide. Là, c’est plus angoissant.
Comme jeté par terre, dans l’herbe, un miroir brisé où se reflète le visage d’une jeune fille. Morcelée la jeune fille, à l’envers, le visage figé, innocent. Je n’ai rien compris au sens de cette pochette, je l’ai pris pour une métaphore sur le mal-être de l’adolescence, sur mon mal-être, quelqu’un me parlait comme jamais, depuis peu, et c’était DM. De toutes façons le monde tournait autour de mon nombril, en continu, en orbite.
Je n’ai rien compris non plus au vrai sens des paroles, pas si caché que ça. Pendant longtemps je croyais qu’il s’agissait des ravages inexorables du temps sur les jeunes filles, et plus largement du passage à l’âge adulte, horrible monde adulte, de la perte du graal, la fin de l’âge d’or, l’adolescence, mon adolescence. J’étais sûr que j’y échapperai, et chanter « It’s just a question of time » avec DM c’était comme une incantation magique pour défaire une malédiction. Vieillir, le miroir brisé de la jeunesse. Course poursuite contre la montre. DM me sauvera.
Mais il fallait sans doute être un peu plus adulte que moi à l’époque, pour comprendre le vrai thème de cette chanson. Vieillir? Bien pire. Bien plus précis. Il y a du LUST sinistre caché dans ce TIME, comme cette fille jeté dans l’herbe. Sans le savoir mon père, où plutôt DM, m’a confronté à une réalité autrement plus traumatisante que la question du slow à 15 ans.
Plus tard, plus vieux, je comprendrais les paroles, à nos corps défendant.
Et bien, foi de la personne la mieux ou la moins bien placée, ce fût une très bonne soirée! Petite salle mais bonne ambiance intime et sans chichis! Merci à tous ceux qui sont venus, et les autres, et bien j’espère vous voir à la prochaine date (quand? où? je ne saurais répondre mais bientôt j’espère!).
Mister X ou la comédie de la mondialisation en concert à l’Ogresse Théâtre mercredi 13 mai à 22H00, paris 20ème, métro Gambetta!
Et à 20H00 concert du quintet jazz Maga band!
Entrée Libre, possibilité de se restaurer sur place!
On saurait enfin à quoi il sert, pour les pâtes, en salade, pour les sandwichs, cru avec du sel, dans ta face si tu blasphèmes. Franchement, plein d’interrogations millénaires trouveraient enfin un réponse définitive. La seule controverse qui surgirait: Dieu est encore meilleur avec du basilic, mais le basilic, c’est qui?
On aurait super peur tellement il serait énorme dans notre chambre. Il flotterait au-dessus de nous avec toujours le même sourire étrange, et on aurait l’impression d’avoir fait que des bêtises, tout le temps. On aurait pas le droit de sortir le promener, parce que si on le lâche, il s’envole, et il disparaît dans le ciel. Et qu’est ce qu’on fait si on le perd? On pleure. Heureusement on peut facilement un acheter un autre, y’en a plein des Dieux ballons.
Bon, cela va sans dire DM m’a marqué adolescent. Je suis donc toujours 20 ans plus tard à l’affût d’un nouvel album, d’autant que l’avant-dernier, « Playing the angel », bien que totalement electro-regréssif, et justement à cause de cela, était réussi, replongeant sans complexe et avec une complaisance qui faisait plaisir à voir (!) dans une mixture sombre et froide. Le nouvel album s’annonçait encore plus violent, voire même subversif (DM subversif? Ils l’étaient innocemment au début des années 80 avec des pochettes socialisantes indus, voir plus haut, mais ce ne devait sûrement pas vu leur jeune âge être le fruit d’une réflexion très aboutie, et alors?), subversif donc comme le single « Wrong » le laissait entendre à mes oreilles brutalisées par tant d’agressivité incorrecte (interdit aux moins de 12 ans d’ailleurs) à ce niveau de notoriété.
Et bien non, le reste de l’album, comme « Exciter », avant-avant dernier album, essaie de mettre un peu de soleil, de positivité (version annonce de supermarché), et tout ça sent le forceps, le quinqagénaire légitimement fatigué des poses ados. Mais, suprême égoïsme du fan en stase depuis 1991″Violator », qui s’intéresse à l’idéologie niaise de milliardaires égotistes cramés sous le soleil de bervely hills? Et pourquoi pas un album de berceuses irlandaises de U2? Ca pourrait faire plonger le taux de natalité européen…Non, vraiment, DM cessez de vouloir muter et de changer votre label « Dark inside », en « Potentially Mature », voire « Positive Messiah included », restez aussi conservateurs que vos fans, rayon surgelés. A trop vouloir se décongeler on a vite fait de devenir avarié. ET c’est pas gentil de filer une gastro à ses auditeurs (la gastroditeur..) .
« Il était une fois le Royaume des Bénéfices Faramineux
De mémoire d’homme rien n’était plus merveilleux
Où que portait le regard, l’on se sentait conquis
Des choses par milliards, et à tous les prix!… »